Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/243

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tristesse qui passent sur leurs visages, assure qu’ils sont plongés dans le désespoir le plus profond.

On ne le dirait guère. Ils ont des figures larges comme des derrières de papes, grasses comme des calottes de bedeaux et rouges comme des pommes d’api.

L’autre jour, j’ai assisté avec M. Legros au passage d’un cercueil allemand qu’on portait au cimetière.

― Les Prussiens tombent comme des mouches, m’a dit l’épicier ; du reste, on s’aperçoit bien qu’ils sont tous malades.

Encore une maladie comme ça et on ne leur verra plus les yeux.

On ne parle partout, dans la ville, que d’un succès prochain, définitif. Mme Arnal a complètement abandonné son blessé qui se promène mélancoliquement, tout seul, en s’appuyant sur une canne. Je l’ai rencontré : il a l’air de s’amuser comme un curé sans casuel. À la maison, tous les soirs, nous nous livrons aux combinaisons stratégiques les plus extravagantes. Le père Merlin qui nous a surpris, deux ou trois fois, au milieu de nos calculs fantastiques, s’est moqué de nous très ouver-