Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/245

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ajouter foi aux affirmations du Moniteur officiel de Seine-et-Oise. Une ignoble feuille de chou que le roi de Prusse fait placarder sur nos murailles et qui ne contient que d’affreux mensonges. Personne ne devrait lire cet horrible papier.

― Je suis bien de votre avis, fait mon père.

Ce qui ne l’empêche pas de m’envoyer, tous les jours, lire le Moniteur officiel collé sur le mur de l’hospice. Je dois, en rentrant, lui faire un résumé fidèle de ce que contient le journal.

Le plus souvent, il contient de drôles de choses. Il prétend que la lutte est devenue impossible, que nous n’avons plus de soldats ; nous manquons aussi de généraux et ceux qui restent sont mis en suspicion par les avocats et les journalistes qui aspirent à les remplacer. La France est divisée en deux camps : une minorité turbulente et malsaine, plus disposée à tourner ses armes contre les prêtres que contre les Prussiens ― témoins ces mobiles de Lyon qui prenaient d’assaut des séminaires et des couvents de Carmélites ; ― et la grande majorité de la nation, effrayée de ces menaces