Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/267

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vieille tressaute. C’est tout. Elle n’ouvre même pas les yeux.

― Justine ! Justine ! Il faut dire aux Prussiens de s’arrêter !

― Ah ! bien, oui ! Allez donc leur dire un peu, pour voir, monsieur Jean. Vous verrez comment vous serez reçu !

― Alors, il faut emmener ma tante, la porter dans sa chambre…

― Mais ça la distrait, ça, monsieur Jean !

― Il faut l’emmener dans sa chambre ! Entendez-vous ? Tout de suite !

― C’est bon, monsieur Jean, c’est bon, ne vous fâchez pas. Si vous y tenez…

Justine appelle la cuisinière ― une paysanne des environs ― et, à nous trois, nous transportons la pauvre vieille dans sa chambre. Elle ouvre les yeux en route, me regarde, mais ne prononce pas une parole.

― Là, dit Justine. Je vais la déshabiller et l’aider à se coucher. Allez donc dîner, monsieur Jean. Votre dîner est servi, en bas, dans la salle à manger. J’attends que vous soyez parti pour déshabiller madame.

Je descends. Je dîne en deux bouchées et je demande à remonter auprès de ma tante.