Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/288

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Elle peut te profiter à toi, si tu veux. Si tu veux, si tu es assez fort pour ne pas laisser fausser, pendant dix ans au moins, ton âme d’enfant qui est sincère et droite ; si tu es assez robuste pour voir les choses, plus tard, avec tes yeux d’aujourd’hui.

Quant à divulguer ce que tu as vu, à quoi bon ? À quel résultat arriverais-tu, en agissant ainsi ?

― Je me vengerais !… Puisqu’ils veulent me mettre dans une maison de correction !…

Le père Merlin sourit.

― Non, ils ne t’y mettront pas. Ils sont persuadés, maintenant, que tu ne sais pas grand’chose ; que tu t’es laissé entortiller bêtement, sans rien voir, que tu es tombé sans t’en douter dans les panneaux que te tendait ton grand-père, pour t’empêcher de revenir à Versailles avant la mort de ta tante. Ils te prennent pour un imbécile, vois-tu, un imbécile qui ne veut pas avouer, par fausse honte, les sottises qu’il a pu commettre. Ils ne te parleront plus de rien, sois-en sûr. Mais toi, de ton côté, garde-toi bien…

― Oh ! je ne parle à personne, à la maison ! Je ne peux parler à personne. Vous savez