Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/311

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― Six milliards !

― Pas un sou de moins. Nous payons les dettes du premier Empire, mon ami, en même temps que celles du second. Et remarque bien que si les Allemands, maintenant, en pleine trêve, frappent les départements occupés par eux d’énormes contributions de guerre, remarque bien que s’ils agissent ainsi contre tout droit, ils s’appuient sur des précédents. Ils peuvent opposer à nos réclamations, comme ils le font, du reste, des actes semblables accomplis en Europe, et particulièrement en Prusse, par Napoléon le Grand… Ah ! c’est beau, la guerre…


Oh ! oui, c’est beau !

Mon père m’a emmené avec lui, l’autre jour, visiter les environs, les points qui dominent Paris, les endroits où les Prussiens avaient établi leurs batteries, où ont eu lieu des combats.

Nous traversons Garches qui n’est plus qu’un monceau de ruines, le parc de Saint-Cloud, sinistre. Le squelette du château, noirci par les flammes, est effrayant. Les murailles percées à jour sont encore debout : de grandes crevasses les fendent du haut en bas ; le toit