Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/327

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Mon père professe une admiration sans bornes pour son locataire.

― Une intelligence hors ligne. Un homme d’avenir. Il ira loin.

Sans échasses ? Peut-être bien. M. de Folbert a un oncle député, un oncle à héritage, s’il vous plaît, et très populaire dans sa circonscription ; cet oncle, fatigué de la vie politique, n’attend qu’un signe du neveu pour lui céder son siège à la Chambre.

― Quel avenir ! répète mon père émerveillé.

Depuis qu’elle a entendu parler de la succession politique et financière, Louise fait les yeux doux au chef de bureau ; elle lui lance même de temps en temps, à la dérobée, de petits coups d’œil américains. Est-ce que ma sœur aurait l’idée ?… Eh ! eh ! pourquoi pas ?… Madame de, ça fait bien. Madame de… Tout le monde ne s’appelle pas madame de. Et puis, elle serait dépu… Dit-on députée ou députète ?


Le fait est que M. de Folbert a le bras long ― au figuré. ― Il a fait obtenir à mon père la construction d’une énorme ambulance en bois, dans le grand terrain vague qu’on voit des fenêtres du père Merlin, et où les Prussiens