Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/339

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J’ai déjà vu quelque chose comme ça, dans le temps, avec Jules. Louise avait la même tête. Allons, elle sera dépu… Je ne sais toujours pas comment on féminise ce mot-là. Il faudra que je regarde dans un dictionnaire.


Comme si j’avais le temps de regarder dans les dictionnaires ! Il me faut, toute la journée, faire des courses qui n’en finissent pas : aller chez l’imprimeur pour commander des lettres de deuil, chez le chapelier pour commander des crêpes, chez celui-ci, chez celui-là. Ma sœur aussi se donne beaucoup de mal. Et c’est à peine si elle trouve une minute, le soir, lorsque mon père revient de Moussy, pour lui dire à l’oreille :

― Une bonne journée, hein ?

Oui, une bonne journée pour tous les deux. Mon père cache mal sa joie : ma sœur va faire un mariage magnifique, sa dot est toute trouvée, et le rêve qu’il a fait pendant dix ans est sur le point de se réaliser. Il va pouvoir acheter les Grands Hommes et fonder à Paris un établissement important.

Pourtant, brusquement, il devient soucieux. Il se souvient qu’il a trouvé dans les papiers