Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/338

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Tout d’un coup, je vois M. de Folbert, qui n’a rien dit jusqu’ici et qui s’est contenté de secouer la tête de droite à gauche, se lever avec précaution et s’approcher à petits pas de la chaise de ma sœur. Il bredouille, tout en avançant, des paroles inintelligibles. Pourtant, en prêtant l’oreille, on perçoit des bouts de phrases :

― C’est une grande… immense douleur, pour vous, mademoiselle… J’en prends ma part, veuillez me faire l’honneur de le croire… Et si je pouvais, si… j’osais espérer… s’il m’était permis… si j’étais assez heureux pour voir des liens plus sérieux… non, plus solides… non… oui, plus solides que ceux d’une simple amitié… unir nos deux familles en la… nos deux familles si honorables… mademoiselle…

Il tend la main, il l’avance, timidement, prudemment, d’un centimètre par seconde. Louise se lève, tamponne ses yeux une dernière fois et, avec un énorme soupir, les yeux au plafond, elle met sa main dans celle du chef de bureau.

Nous nous sommes levés, nous aussi. Et Mme de Folbert s’écrie en étendant les bras comme pour s’assurer qu’il ne pleut pas :

― Soyez heureux, mes enfants !