Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/344

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poids. Les idées funèbres ne le tourmentent pas. Il parle de choses quelconques, de la pluie et du beau temps, et enfin, de politique.

― Oui, nous avions raison de ne pas désespérer, pendant la guerre. Nous avons été battus, c’est vrai, mais nous nous relevons dans la guerre civile. Non, la patrie n’est pas morte ! Elle est plus vivante que jamais ; et les Prussiens, à Saint-Germain et à Saint-Denis, assistent avec rage à son réveil. Est-ce qu’on a le droit de douter d’un peuple qui, pour vivre, n’hésite pas à couper le mal à sa racine, à s’amputer héroïquement ? Oui, nous avions raison. Il faut élever nos cœurs ! Debout ! Encore plus haut ! Sursum corda ! Il s’agit de prendre notre revanche aujourd’hui. La grande ! La définitive ! La patrie est forte, maintenant qu’elle vient de recevoir, dans sa victoire sur la Commune, le baptême de sang nécessaire. Ce sang lave toutes les hontes passées : nous n’avons plus de boue à essuyer, nous n’avons qu’une revanche à prendre. Haut les cœurs !…


Nous sommes arrivés sur la place d’Armes. Et je regarde les pièces d’artillerie prises à Paris, canons de bronze, canons d’acier,