Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/61

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me cacher, en propriétaire. Mon père ne m’en empêche pas et ma sœur, heureuse de pouvoir causer avec moi des événements du jour, me les passe elle-même.

J’apprends ainsi que « c’est à peine si l’on s’aperçoit qu’un vide s’est produit dans nos arsenaux », que « la guerre ne peut avoir aucune surprise inquiétante pour nous ; notre admirable corps d’éclaireurs, dont le moindre trappeur rendrait des points à Bas-de-Cuir, sondera le terrain devant chaque soldat » ; et que « l’administration française a, de son côté, un service d’espions parfaitement organisé ».

J’ai lu la réponse de l’Empereur à l’adresse du Corps législatif. J’ai vu comment il a répondu à l’Impératrice qui disait au Prince Impérial, en l’embrassant, au moment du départ :

― Adieu, Louis ! et surtout fais ton devoir.

― Madame, nous le ferons tous.

J’ai vu comment il a veillé aux arrangements de sa maison militaire avec une austérité toute spartiate. Son domestique est réduit à un seul valet de chambre. Deux cantines suffiront à transporter tout le bagage impérial. « Pour bien faire la guerre, a répondu Sa Majesté à un général, il faut la faire en sous-lieutenant. »