Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/64

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Et puis, celle-ci, dont l’auteur est le prince Pierre Bonaparte :


Berceau du progrès, pays magnanime,
Ton bras glorieux qui frappe et rédime,
Reprend sa vigueur et reporte enfin
Notre aigle immortel aux rives du Rhin.


Et puis, la chanson des marins ― car la flotte va entrer en scène et les Prussiens ont été prévenus qu’ils pouvaient, « s’ils tenaient à conserver un spécimen de leur marine, le placer immédiatement dans le musée de Berlin ». ― Ma sœur la chante, cette chanson-là. Du matin au soir on lui entend répéter le refrain :


Et vous, hache au poing, race antique,
Debout, matelots !… La Baltique
Dresse pour vous ses flots vengeurs !


Je ne fais pas que lire les journaux. J’ai des occupations plus sérieuses : je copie les proclamations. J’ai acheté un cahier tout exprès pour ça. Léon aussi. Nous rôdons par la ville, épiant le moment où l’afficheur colle sur les murs des carrés de papier blanc, à l’affût des placards émanant de l’autorité. Nous passons notre