Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/90

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hon et leurs deux armées n’en formeront plus qu’une seule, énorme, en face d’armées ennemies, décimées et épouvantées. Nous pouvons, d’un moment à l’autre, reprendre l’offensive sur toute la ligne. Ça dépend d’un rien.

— À Paris, disent-ils, on attend le résultat des opérations avec la plus entière confiance…

Le fait est qu’ils ne sentent guère la défaite. Ils sont gais comme des pinsons.

Leur entrain a fini par nous gagner.

Nous avons été visiter le musée, au château, avec eux. Nous nous sommes arrêtés longuement, dans la galerie des Batailles, devant les toiles qui représentent les victoires de la République et de l’Empire.

— Ah ! il y avait de rudes lapins, dans ce temps-là ! dit M. Arnal en secouant la tête.

— Des Romains, dit M. Beaudrain.

Devant le tableau qui représente la bataille d’Iéna, mon père fait halte en frappant le parquet du pied. Il a l’air mécontent. C’est son habitude, quand il arrive devant cette toile-là. Il trouve que Napoléon n’est pas ressemblant.

— Il n’y est pas ! Ah ! dame, il n’y est pas…