Page:Darien, Bas les coeurs, Albert Savine éditeur, 1889.djvu/89

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Je n’ai pas encore vu arrêter d’espion ― mais j’ai vu arrêter un individu qu’on prenait pour un espion. ― C’était un vieux bonhomme, portant des lunettes bleues, qui descendait du chemin de fer. Comme il demandait son chemin à un cocher, le cocher, voyant les lunettes bleues et mécontent sans doute de ne pas avoir fait accepter ses services, a crié :

— C’est un espion.

On a saisi le vieillard, on l’a roué de coups, on a lacéré ses habits, on a cassé ses lunettes, et on l’a traîné chez le commissaire. Nous avons attendu plus d’une heure devant le commissariat. À la fin, le vieux bonhomme est sorti, accompagné par un agent qui l’a aidé à se rendre chez un de ses parents qu’il était venu visiter.

Si l’on perd confiance à Versailles, il paraît qu’à Paris on conserve bon espoir. Des amis qui habitent la capitale et qui viennent nous voir un dimanche, M. Arnal entre autres, s’étonnent de nous voir conserver des doutes sur l’issue de la guerre. Eux, ils n’en conservent pas. Ils sont certains du succès. Bazaine va opérer sa jonction avec Mac-Ma-