Page:Darien - L'ami de l'ordre, 1898.djvu/11

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tinant Louis XVI, ils n’ont pas seulement coupé la tête d’un roi ; ils ont décapité l’Idéal. Et ils en crèveront.

MARIE.

Bonne affaire !

L’ABBÉ.

Je connais de longue date vos idées sur ce sujet, cher monsieur. Vous savez que je ne les approuve pas complètement. Mais vous êtes un si bon ami, un si véritable ami…

MONSIEUR DE RONCEVILLE.

Moi, votre ami ? Non. J’ai de l’estime pour vous, beaucoup d’estime, simplement, parce que je vous sais honnête, franc, loyal, parce que j’ai pu apprécier en vous beaucoup de qualités trop rares à présent. Si vous n’étiez qu’un homme, un simple particulier, certes, vous seriez mon ami. Mais vous êtes prêtre. Et je vous trouve — comment dirai-je ? — un peu trop terre-à-terre, si vous voulez, pour vous donner mon amitié. Un ecclésiastique doit avoir, je crois, une autre envergure. Vous manquez d’énergie, d’élévation, de grandeur, aujourd’hui, messieurs du clergé… D’ailleurs, je n’ai jamais eu d’ami… Ah ! si, j’en ai eu un… C’était un garibaldien.

L’ABBÉ, souriant.

Un garibaldien ?

MONSIEUR DE RONCEVILLE.

Oui. C’était un brave homme. Je l’ai connu en Sicile. Il est mort des suites d’un coup de feu… que je lui avais peut-être envoyé. J’étais blessé aussi. Nous