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Le champ du christianisme était trop infertile pour produire autre chose que de l’ivraie, malgré l’habileté, la conscience et le courage des laboureurs. D’ailleurs, ceux-ci furent en bien petit nombre ; et ne furent même chrétiens que jusqu’à un certain point. Que penser des autres ? Le dogme est un mensonge imbécile. Le précepte est un mensonge estropié. Le prêtre est un mensonge vivant. Le chrétien est le Mensonge. Le catholicisme-romain est l’exagération jusqu’à l’infini de toutes ces horreurs. C’est en rejetant les dogmes les plus absurdes, en écartant les institutions néfastes qui s’étaient greffées sur eux, en s’éloignant de l’esprit de l’évangile pour se rapprocher de celui des grands prophètes hébreux, que les hommes de la Réforme arrachèrent l’humanité aux griffes de la Foi meurtrière et la rapprochèrent de la Raison. Le catholicisme-romain, au contraire, poursuivit sa carrière de tyrannie grossière qui ne permet pas qu’on la discute ; de nouveaux dogmes, plus idiots et plus abjects que les anciens, viennent s’y ajouter tous les jours. Le caractère d’irréalité de cette Église s’accroît donc sans cesse. L’imposture est tellement complète qu’elle éclaterait à tous les yeux si la pierre des temples n’était pas là pour la masquer. La foi, la croyance et même la superstition disparaîtraient si elles ne pouvaient trouver sous ]es voûtes des églises l’atmosphère empoisonnée nécessaire à leur éclosion. Le prêtre sait que son pouvoir s’écroulerait avec la chute de l’édifice qui l’abrite ; c’est pourquoi tout a été mis en œuvre, à toutes les époques, pour prévenir la destruction de ces monuments qui sont la base et le sens de la religion, qui sont la religion elle-même. Lisez l’histoire et comprenez-la. Si vous voulez en finir avec la religion, avec son hypocrisie blafarde et sa cruauté lâche, ce n’est pas le dogme qu’il faut discuter, ce n’est même pas le prêtre qu’il faut frapper, c’est l’église qu’il faut détruire.

Des sectes qui ont proclamé le libre-examen, dont les doctrines, si étroites qu’elles soient encore, sont faites pour s’épanouir dans la liberté philosophique, peuvent affronter la lumière du jour ; peuvent se contenter, pour leur ser-