Page:Darien - La Belle France.djvu/208

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hélas ! trop fréquente, des troupes, dans l’absence d’esprit de corps, dans le manque de confiance de la masse à l’égard des chefs illustres qui la commandaient. » Je ne crois pas qu’il soit possible d’insulter d’une façon plus sanglante, ensemble, les morts d’il y a trente ans et les vivants d’aujourd’hui. Je ne crois pas qu’un gredin de Nationaliste puisse vider plus ignoble injure sur les pauvres qu’il a menés à la tuerie et sur ceux dont il perpétue la servitude.

Les Pauvres, d’ailleurs, méritent l’insulte. Ils méritent toutes les insultes. Leur apathie provoque l’outrage, le nécessite. À des esclaves, qui sont prêts à tout accepter, les tyrans n’épargnent rien. Les tyrans, en France, sont les mêmes depuis plus d’un siècle et ne prennent pas la peine de se déguiser ; c’est tout juste si, de temps en temps, ils dissimulent un pan de leur soutane derrière l’habit chamarré du soudard qui travaille à coups de sabre la matière électorale. Le peuple permet aux ratichons et aux bouchers à leur service de faire ripaille sur sa misère. Il laisse ces êtres abjects diriger sa politique, lui imposer des alliances immondes, lui insuffler l’aversion stupide et fanfaronne des peuples étrangers. Il tolère les manifestations de ce monothéisme imbécile et prétentieux qui prit la place du fécond polythéisme antique et qui se transforma lui-même en un polythéisme pour crétins. Il tolère ce catholicisme-romain qui détourne la France de sa voie pour la mener à l’abîme ; qui excite son antipathie contre les peuples étrangers avec une rage dont la récente campagne de la presse cléricale et du Vatican contre l’Angleterre peut donner un exemple.

C’est à la France, à la vraie France, à la France philosophique et intellectuelle qu’incombe l’obligation de briser définitivement le pouvoir de Rome. La fille aînée de l’Église a assez vécu pour le malheur du monde. C’est à la belle France de vivre ; et elle ne peut naître avant que soit mort le prêtre. La suppression de Rome est nécessaire à l’abolition des haines internationales, à l’établissement de la compréhension entre les peuples, à l’avénement de