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IX

DE QUELQUES QUADRUPÈDES ET DE CERTAINS BIPÈDES


Cette tête et cette main étaient l’inaliénable propriété de l’abbé Lamargelle. Je n’avais pas eu le temps de revenir de ma stupéfaction qu’il était devant moi, saluant, avec l’expression énigmatique de sa puissante figure osseuse et olivâtre, encadrée de cheveux noirs, ornée d’un grand nez aquilin, coupée d’une large bouche fortement tendue sur les dents, et obscurcie plutôt qu’éclairée par l’éclat sombre des yeux couleur d’ébène. Oui, c’était bien l’abbé Lamargelle.

— Hé ! bonjour, cher Monsieur, me dit-il de sa voix profonde. Comment vous portez-vous ? Vous avez l’air bien étonné. Voyons, parlez donc un peu ; demandez-moi : « Homme noir, d’où sortez-vous ? »

— Ma foi, monsieur l’abbé, répondis-je, j’en ai fortement envie. J’avoue que je ne m’attendais guère au plaisir de vous voir ce soir…

— Je m’en doutais bien. Aussi, pour faire durer moins longtemps votre surprise toute naturelle, je n’ai tenu aucun compte des protestations de votre servante qui s’obstinait à vouloir m’annoncer à vous,