Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/309

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XIX

ÉVÉNEMENTS COMPLÈTEMENT INATTENDUS


« … Décidément, mon cher, on ne connaît sa puissance que lorsqu’on l’a essayée ; et vous aviez raison, à Bruxelles ; je suis très forte. Si vous aviez pu me voir aujourd’hui, vous auriez été fier de la justice de vos appréciations. Vous ne vous seriez pas ennuyé, non plus. Oh ! la cérémonie n’a rien eu de grandiose ; on avait profité de la mort d’un cousin éloigné pour faire les choses très simplement, sous couleur de deuil de famille. Un vicaire et un adjoint ont suffi à confectionner le nœud nuptial, et c’est un nœud très bien fait, car ils sont gens d’expérience. Mais auriez-vous ri, vous qui êtes au courant de tout, de m’entendre prononcer le oui solennel, devant Dieu et devant les hommes, d’une voix qui trahissait toute l’émotion nécessaire, tandis que mes yeux baissés, indices de ma modestie, contrastaient avec la rougeur de mes joues, signe certain d’une félicité intense ! Auriez-vous ri de la contenance de mon heureux époux, de l’expression de joie outrée épanouie sur le visage de ma belle-mère, de l’air ahuri de mon