Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/355

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XXII

« BONJOUR, MON NEVEU »


— Qu’est-ce que tu me donneras si je t’apporte une nouvelle ? me demande Broussaille qu’Annie vient d’introduire dans la salle à manger, au moment où je vais me mettre à table.

— Tout ce que tu voudras, surtout si ta nouvelle est bonne ; je n’y suis plus habitué, aux bonnes nouvelles… Mais d’abord assieds-toi là ; tu me raconteras ce que tu as à me dire en déjeunant. J’aime beaucoup t’entendre parler la bouche pleine.

— Une passion ? Tu sais, rien ne me surprend plus… Donne-moi à boire ; je meurs de soif. Merci… Eh ! bien, mon petit, j’ai vu ton père !

— Mon père ! Mais il est mort depuis bientôt quinze ans !

— Ah ! dit Broussaille très tranquillement. C’est que je me suis trompée, vois-tu. Ça arrive à tout le monde. Enfin, laisse-moi te raconter… Je viens de passer huit jours à Vichy. J’y serais même restée plus longtemps si ma sœur Eulalie n’avait pas été là ; mais avec ses sermons, ses efforts pour me ramener