Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/401

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XXV

LE CHRIST A DIT : « PITIÉ POUR QUI SUCCOMBE !…


Tout le monde sait qu’en face du n° 84 de la rue d’Arlon, à Bruxelles, se trouve un café fréquenté par des rentiers paisibles et des commerçants contents d’eux-mêmes. C’est dans ce café que je me suis assis, tout à l’heure, à une table séparée de la rue par une simple glace ; à travers cette glace, je guette, tout en faisant semblant de lire un journal, l’arrivée du messager qui va apporter au sieur Delpich la dépêche dont j’ai remis hier le texte à Annie et qu’elle a dû envoyer aujourd’hui à sept heures. J’attends, tranquille comme un rentier, satisfait de moi comme un commerçant. Huit heures… Ah ! j’aperçois le télégraphiste ; il pénètre dans la maison. Un grand bâtiment à quatre étages ; au rez-de-chaussée, de belles boutiques vivement éclairées ; au premier les bureaux de Delpich — les bureaux, seulement, car j’ai appris que l’appartement du personnage se trouve dans un autre quartier de la ville ; — au second étage, c’est un tailleur, honoré de la confiance de la cour de Belgique, qui a élu domicile.