Page:Darien - Le Voleur, Stock, 1898.djvu/62

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IV

OÙ L’ON VOIT BIEN QUE TOUT N’EST PAS GAI DANS L’EXISTENCE


Quand je suis revenu de Belgique, où je n’avais guère passé qu’une semaine, j’ai trouvé mon oncle dans une colère bleue. Mme Montareuil, que j’avais rencontrée au bas de l’escalier, avec son fils, comme j’entrais, tenait son mouchoir sur ses yeux et Édouard, d’une voix lugubre, m’avait affirmé que le temps était bien mauvais. Les domestiques aussi avaient l’air fort affligé.

— Mademoiselle Charlotte ne se mariera pas, m’a dit l’un d’eux.

Ah ! bah ! Pourquoi ? Qu’est-il donc arrivé ?

Une chose très malheureuse. C’est mon oncle qui me l’apprend, d’une voix secouée par la fureur. Il paraît qu’il y a huit jours — juste la nuit qui a suivi mon départ pour Bruxelles, par le fait — les voleurs sont venus chez les Montareuil ; ils ont tout enlevé, tout, titres, valeurs, bijoux. Le secrétaire de Mme Montareuil a été forcé et mis à sac. C’est épouvantable.

— Horrible ! dis-je. Et l’on n’a pas arrêté les mal-