Page:Daubié - L'émancipation de la femme, 1871.pdf/156

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
157
L’ÉMANCIPATION DE LA FEMME

questions politiques de manière à se rendre capables de voter avec discernement et équité. Priver les femmes de leur juste part, dans les franchises c’est seulement ajouter une autre tache au système actuel de représentation ; on doit trouver le remède réel en mettant à la fois les hommes et les femmes à même de partager les avantages d’un système plus juste et plus parfait, qui doit élever la capacité électorale à son véritable rang moral et intellectuel parmi les devoirs de la vie.



DISCOURS DE M. LE PROFESSEUR HUNTER.


Madame la Présidente, Mesdames et Messieurs,

On a fait très-justement observer que la question du suffrage des femmes peut être discutée indépendamment des demandes plus étendues et plus importantes que nous venons d’entendre formuler. Bien des personnes peuvent en conséquence accepter cette innovation moins importante des droits des femmes sans s’engager à rien de plus. Un argument qui effraye certaines personnes, c’est que si les femmes votent, elles ne seront pas satisfaites avant d’entrer au parlement. L’expérience que fournit l’Église d’Écosse ne confirme pas cette opinion. Dans les églises dissidentes, les femmes votent pour l’élection des ministres et de leurs auxiliaires. Ce privilége ne les a jamais fait aspirer à l’emploi. Elles se sont contentées d’élire des représentants au parlement ecclésiastique sans demander autre chose que d’y assister en auditrices. Jamais elles n’ont songé à monter dans la chaire, quoique je voie peu de fonctions dont elles puissent mieux s’acquitter, les plus mordants satiriques des femmes ne leur ayant jamais contesté le don de l’éloquence. Jamais leur vote n’a au moindre degré porté atteinte à la vie de fa-