Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/249

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C’était un poëme dramatique, pompeusement intitulé la Comédie pastorale. Le lecteur se souvient sans doute que dans les premiers jours de sa visite au collège de Sarlande, le petit Chose s’amusait à conter à ses élèves des historiettes fantastiques, pleines de grillons, de papillons et autres bestioles. C’est avec trois de ces petits contes, dialogués et mis en vers que j’avais fait — la Comédie pastorale. Mon poème était divisé en trois parties ; mais ce soir-là, chez Pierrotte, je ne leur lus que la première partie. Je demande la permission de transcrire ici ce fragment de la Comédie pastorale, non pas comme un morceau choisi de littérature, mais seulement comme pièces justificatives à joindre à L’histoire du petit Chose. Figurez-vous pour un moment, mes chers lecteurs, que vous êtes assis en rond dans le petit salon jonquille, et que Daniel Eyssette tout tremblant récite devant vous.


LES AVENTURES D’UN PAPILLON BLEU


Le théâtre représente la campagne. Il est six heures du soir ; le soleil s’en va. Au lever du rideau, un Papillon bleu et une jeune Bête à bon Dieu, du sexe mâle, causent à cheval sur un brin de fougère. Ils se sont rencontrés le matin, et ont passé la journée ensemble. Comme il est tard, la Bête à bon Dieu fait mine de se retirer.

LE PAPILLON.

Quoi !… tu t’en vas déjà ?…

LA BÊTE À BON DIEU.