Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/250

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Dam ! il faut que je rentre ;

Il est tard, songez donc !


LE PAPILLON.

Attends un peu, que diantre !
Il n’est jamais trop tard pour retourner chez soi…
Moi d abord, je m’ennuie à ma maison ; et toi ?
C’est si bête une porte, un mur, une croisée,
Quand au dehors on a le soleil, la rosée
Et les coquelicots, et le grand air, et tout
Si les coquelicots ne sont pas de ton goût,
Il faut le dire…

LA BÊTE À BON DIEU.
Hélas ! monsieur, je les adore.
LE PAPILLON.

Eh bien ! alors, nigaud, ne t’en va pas encore ;
Reste avec moi. Tu vois ! il fait bon ; l’air est doux.

LA BÊTE À BON DIEU.

Oui, mais…

LE PAPILLON, la poussant dans l’herbe.
Hé ! Roule-toi dans l’herbe ; elle est à nous.
LA BÊTE À BON DIEU, se débattant.

Non ! laissez-moi ; parole ! il faut que je m’en aille.

LE PAPILLON.

Chut ! Entends-tu ?

LA BÊTE À BON DIEU, effrayée.
Quoi donc ?
LE PAPILLON.