Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/320

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XIII.


L’enlèvement


C’était un soir, vers neuf heures, au théâtre Montparnasse. Le petit Chose qui jouait dans la première pièce venait de finir et remontait dans sa loge. En montant, il se croisa avec Irma Borel qui allait entrer scène. Elle était rayonnante, toute en velours et en guipure, l’éventail au poing comme Célimène.

« Viens dans la salle, lui dit-elle en passant, je suis en train… je serai très belle. »

Il hâta le pas vers sa loge et se déshabilla bien vite. Cette loge, qu’il partageait avec deux camarades, était un cabinet sans fenêtre, bas de plafond, éclairé au schiste. Deux ou trois chaises de paille formaient l’ameublement. Le long du mur pendaient des fragments de glace, des perruques défrisées, des guenilles à paillettes, velours fanés, dorures éteintes ; à terre, dans un coin, des pots