Page:Daudet - Le Petit Chose, 1868.djvu/96

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VIII.


Les yeux noirs


Maintenant le collège est désert. Tout le monde est parti… D’un bout des dortoirs à l’autre, des escadrons de gros rats font des charges de cavalerie en plein jour. Les écritoires se dessèchent au fond des pupitres. Sur les arbres des cours, la division des moineaux est en fête ; ces messieurs ont invité tous leurs camarades de la ville, ceux de l’évêché, ceux de la sous-préfecture, et, du matin jusqu’au soir, c’est un pépiage assourdissant.

De sa chambre, sous les combles, le petit Chose les écoute en travaillant. On l’a gardé par charité, dans la maison, pendant les vacances. Il en profite pour étudier à mort les philosophes grecs. Seulement, la chambre est trop chaude et les plafonds trop bas. On étouffe là-dessous… Pas de volets aux fenêtres. Le soleil entre comme une torche et met le feu partout. Le plâtre des solives craque, se détache… De grosses mouches, alourdies par la chaleur,