Page:Daveluy - L'esclave des Agniers, 1933.djvu/29

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résolu de vendre chèrement sa vie et persiste à demeurer coûte que coûte sur ce sol de la Nouvelle-France. Il nous appartiendra sûrement en entier plus tard, nous en sommes tous convaincus. Non, mais, Charlot, vois-tu cela, des Français, descendants de tant de preux, de beaux héros sans peur et sans reproche, fuyant devant quelques centaines d’Iroquois ? Ah ! ah ! ah ! c’est à rire… tout en pleurant ! Car mon chéri, étant une femme, je ne puis empêcher mon cœur de s’attendrir sur la mort des nôtres toujours si impétueux et si grands devant la mort…

Je termine ma longue lettre, mon frère, par quelques autres nouvelles intéressantes concernant notre petite colonie.

Le 21 novembre de l’an dernier, l’une de tes belles protectrices de jadis, Madame de La Peltrie, demandait son entrée au Monastère des Ursulines. Mère Marie de l’incarnation l’a accueillie avec quel bonheur, tu le penses bien. Nos Pères ont consenti à cet essai de vie religieuse de notre noble dame avec un peu d’hésitation… Mais qu’importe, qu’elle demeure ou qu’elle ne demeure pas au cloître, la belle âme de Madame de La Peltrie ne peut qu’être aimable et faire du bien. Elle m’a dit ce printemps qu’elle priait beaucoup pour toi, afin que Dieu te ramène un jour ou l’autre dans nos bras. Et maintenant, depuis le 13 avril de cette année 1647, qui avons-nous comme