Page:Daveluy - L'esclave des Agniers, 1933.djvu/99

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que de la jeune fille, courant follement avec un pied blessé à travers les bois… Tout, tout, aurait été inutile. Le regard de Charlot se leva de nouveau vers le ciel pur, si brillant sous le soleil du printemps hâtif.

« Au secours, Sauveur miséricordieux ! » criaient les yeux de Charlot.

Le canot approchait toujours. Le jeune homme vit bientôt trois ou quatre petites têtes se balancer en cadence dans le lointain. Vite, il fallait prendre quelques précautions élémentaires…

Il revint près de la jeune fille. Elle dormait toujours. « À la bonne heure », se dit Charlot, « elle saura toujours assez tôt quelles misères vont encore tomber sur nous ». Doucement, péniblement, le jeune homme, à l’aide d’une longue branche, parvint à amasser un peu de neige et des branches mortes, près de l’endroit où l’Algonquine reposait. Bien ! Tout semblait enseveli… Et maintenant, au guet, vite au guet !… Le jeune homme se glissa derrière le tronc d’un arbre. Il regarda… tendant tout son être vers ce mystère à percer au plus tôt.

Le canot était maintenant tout près. Cela permit à Charlot d’entendre les voix. Elles échangeaient quelques mots brefs. Mais qu’était cela ?… Serait-ce possible ? Charlot écouta encore avec plus d’attention. Oui, oui il reconnaissait là certains sons gutturaux, bien familliers…