Page:Daveluy - L'esclave des Agniers, 1933.djvu/100

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oui, plus de doute !… Ceux qui venaient là, c’étaient… mais c’étaient trois Hurons et un Algonquin… Ô joie ! Ô bonheur ! Le jour du salut se levait enfin pour eux, et sûrement cette fois… Fou de contentement, Charlot sortit de sa cachette. Il se rendit prés de la jeune fille. Elle reposait toujours avec quelle étonnante sérénité.

Il l’appela doucement.

« Lis-en-Fleur ! Ma sœur bien-aimée !… Lis-en-Fleur, réveillez-vous ! Du bonheur, du bonheur nous arrive enfin ! »

Voyant que la jeune fille ne bougeait pas, il se mit à rire tout haut et se pencha gaiement vers elle…

La jeune fille ouvrit à cet instant les yeux. Un peu de surprise et d’effroi parurent dans son regard. Elle recula. « Ciel ! qu’arrivait-il ? Que voulait dire ce rire de Charlot, si peu en harmonie avec les tristesses du moment ? »

— Enfin ! ma sœur, s’exclama Charlot en lui prenant avec affection la main. Vous voilà tirée de cet extraordinaire sommeil ! Lis-en-Fleur, chère et douce amie, appelez bien vite toutes vos forces à l’aide pour supporter un grand, grand bonheur. Mais… levez-vous d’abord et en vous appuyant tant bien que mal sur mon bras… Bien ! Voyez-vous ce canot