Page:Daveluy - Les petits Patriotes du Richelieu, paru dans Oiseau Bleu, 1937-1938.djvu/280

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fins.

Olivier, qui se trouvait chez le Dr Cherrier, apprit l’un des premiers la sinistre rumeur. Il courut chez le Dr Nelson où se trouvaient déjà réunis David Bourdages, le capitaine Blanchard, Louis Pagé, Charles Saint-Germain, Louis Lacasse, le capitaine Jalbert et quelques autres. On parlait haut et ferme. On promettait, on jurait à Nelson qu’il n’avait rien à craindre, que tous à Saint-Denis sauraient le défendre, et que bien mal avisées seraient les troupes de Sa Majesté si elle voulaient entrer dans le village. Olivier fut accueilli avec des bravos et force poignées de mains.

Le Dr Nelson se déclara touché de ces témoignages spontanés et conclut par quelques mots vibrants et clairs comme l’épée :

— Mes amis, dit-il, je n’ai rien à me reprocher, vous le savez, dans ma conduite politique, et je suis prêt à faire face à toutes les accusations qui seront légalement et justement portées contre moi. Si on me somme de me remettre entre les mains des autorités, conformément à la loi et aux usages, je me rendrai ; mais je ne permettrai jamais qu’on m’arrête comme un malfaiteur et qu’on me traite ensuite comme tel.

— Ni non plus M. Papineau, cria une voix.

— Très bien, mon ami, répliqua vivement le Dr Nelson. Advenant le pire, nous prierons M. Papineau de se réfugier ici avec Charles-