Page:Daveluy - Michel et Josephte dans la tourmente, paru dans Oiseau Bleu, 1938-1939.djvu/17

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ra l’homme en se grattant la tête d’un air perplexe. Mais d’abord, qui êtes-vous, d’où venez-vous, où allez-vous ?

— Qui je suis ? Un orphelin, moi, mais cette petite fille, c’est la sœur du grand patriote, M. Olivier Précourt.

— Non ? Et elle court, comme cela, les grands chemins ?

— Ah ! non, Monsieur, mais son frère est prisonnier à Montréal, sa grand’mère est morte… Elle n’a plus que moi, voyez-vous, pour la protéger depuis que son grand frère n’est plus là. Pauvre Josephte.

— Où allez-vous, à travers des terres bien dangereuses à traverser ? On n’épargne personne, à l’occasion, vous le savez bien ?

— À Montréal. Je conduis la petite chez ses cousins Perrault.

— Tu en est loin, mon garçon de Montréal. Et cette petite, quel voyage pour elle ! Mais j’y pense. Je me rends à Saint-Hilaire. Montez tous deux dans ma voiture.

— On nous verra, Monsieur. Et on vous fera du mal, c’est certain, à cause de nous… Je ne le voudrais pour rien au monde, allez !

— C’est vrai… Satané guerre ! J’oublie toujours que les Habits rouges se servent de toutes les raisons inimaginables pour nous embêter, nous dépouiller, croyant qu’on en veut toujours à leur précieuse peau !