Page:Daveluy - Michel et Josephte dans la tourmente, paru dans Oiseau Bleu, 1938-1939.djvu/16

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fille, attends, attends… c’est autrement, peut-être qu’elle montre son courage… Oui, je suis patriote… comme toi… comme Olivier. J’ai honte un peu… de le dire, Michel… Mais vrai ça m’a fait du bien de pleurer comme cela… Je vais dormir, maintenant. Bonsoir, Michel !

— Bonsoir, Josephte. Moi aussi, je vais dormir. Mais n’oublie pas ta prière. Le bruit d’une voix qui s’exclamait tout près d’eux réveilla le lendemain les deux enfants. Un homme se tenait, en effet, à deux pas, et les regardait un peu ahuri.

— Eh bien ! les enfants, qu’est-ce que vous faites dans cette grange abandonnée, à deux pas des soldats qui ont bu toute la nuit ? Les entendez-vous rire ?

Michel et Josephte, effrayés, se levèrent en hâte. À travers une fente de la grande, il virent un campement improvisé, où allaient et venaient des Habits rouges, dont la plupart semblaient vraiment pris de vin et d’une fébrile et brutale gaieté. Josephte se pressa près de Michel.

— Monsieur, murmura Michel, qu’allons-nous faire ? Si nous partons, ils nous feront un mauvais parti : ma pauvre petite compagne a déjà bien peur… Aidez-nous, Monsieur, mon bon monsieur ?

— Du diable, si je savais comment ! murmu-