Page:Daviault - La Grande aventure de Le Moyne d'Iberville, 1934.djvu/138

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À LA LOUISIANE

comme les autres l’existence de la fourche. Les sauvages ne peuvent tous mentir, c’est plutôt Hennepin. Quant à Tonti, il n’est sans doute pas l’auteur de la relation signée de son nom et, en effet, il s’en défendra plus tard avec énergie. Enragé contre le récollet de malheur, d’Iberville décide de retourner à la côte, car il a dit au Marin de partir s’il ne le voyait pas paraître avant six semaines. Sauvolle et Bienville descendent le fleuve, Pierre entrant dans une rivière qui conduit aussi aux Biloxis et à la baie où sont les navires, lui assurent ses guides. Cette rivière portera son nom. « Le lieu où je suis est un des plus beaux endroits que j’aye veus, belle terre unie, beau bois, clair, point de cannes, où nous entendons beaucoup de coqs d’Inde crier… Il seroit facile de nettoyer cette petite rivière aux eaux basses et de la rendre navigable jusqu’au Mississipi ». Pour l’heure, elle est encombrée de bois au point qu’en une seule journée les voyageurs doivent faire cinquante portages.

Son dernier guide l’abandonne. Mais il tient bon. « C’est une entreprise assez, gaillarde avec quatre hommes, mais… j’aime mieux suivre cette rivière et faire voir aux Sauvages que, sans guide, je vas où je veux. Quelque chose qui arrive, je gagneray toujours les vaisseaux, quand je devrois aller par terre et abandonner mes canots et en fai-