Page:Daviault - La Grande aventure de Le Moyne d'Iberville, 1934.djvu/140

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À LA LOUISIANE

d’un Canadien et des bouteilles de la Main de fer, comme les tribus appellent Tonti, qui a une main d’argent. Victoire ! Le groupe a toutes les preuves voulues pour convaincre Paris.

Avec Sauvolle et Bienville reviennent deux marins bretons égarés à l’aller. Avant de rallier Bienville, ils ont assisté, dans un village, à une cérémonie horrible. C’était en quelque sorte le service du bout de l’an d’un cacique défunt. Au son de hurlements affreux, prolongés toute la nuit, 80 sauvages exhumèrent le cadavre enfoui dans un four au milieu de la case du chef. “ La femme du chef entra dans le four, et puis tira les ossements et la teste, qu’elle offrit par trois fois à son mary, qui la prit et la mit entre ses jambes ». Le four renversé, quatre hommes portèrent les ossements autour de la mosquée. “Après, le chef mit trois pots d’eau dans une cruche, avec des feuilles de laurier qu’il fit tiédir. Ensuite, il en prit une tasse qu’il but et se mit le doigt dans la bouche pour s’exciter à vomir l’eau qu’il avoit prise. Il fit cela par différentes fois, jusqu’à ce que le pot fut vide. Quatre vieilles femmes en firent au tant, c’estoient apparemment celles qui avoient touché le cadavre ; ils buvoient cette eau afin de se purifier”.

D’Iberville élève un fort dans la baie de Biloxi. Étonnement chez les sauvages. Ils rôdent autour