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À LA BAIE D’HUDSON

souvent à ce jeu : ses hommes arrivent à temps pour s’emparer du castor de la traite, et des marchandises envoyées en grandes quantités par les nobles aventuriers de Londres. Mais Pierre Le Moyne ne tient plus à jouer les corsaires pour ces braves commerçants. Il a des tâches plus hautes à accomplir.

D’Iberville commande le Pélican, 50 canons, 250 hommes ; Jean Sidrac du Gué, corsaire canadien et principal lieutenant de l’escadre, le Profond, transport des munitions : Chastrier, le Wesph, cette frégate Weset enlevée aux Hollandais à Camaret ; Sérigny, le Palmier, et Bigot, le Violent. Serin, avec le brigantin Esquimau, complète les forces. À part Sérigny, un autre frère d’Iberville l’accompagne, Jean-Baptiste de Bienville, et un cousin, Jacques Le Moyne de Martigny. Son fidèle de Montigny en est aussi, il va sans dire. L’aumônier est un noble irlandais, Fitz-Maurice de Kieri, et le commissaire, l’Antillais Bacqueville de la Potherie, qui a la bonne idée d’écrire une relation du voyage. L’interprète-lieutenant Jérémie en fait autant.

Dès l’île Résolution, qui forme l’entrée du détroit avec les îles Boutonnes, l’escadre donne dans un banc de glaces. Elle n’échappera plus aux banquises, entre lesquelles les navires se fraieront difficilement un passage. « Ces objets pleins d’horreur tenoient l’espace de trois lieues de