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LAURIER ET SON TEMPS

sion, en votre présence, comme membre du conseil, qu’il était nécessaire, dans l’intérêt de la justice, que la sentence fût exécutée. »

« Monsieur, rendons au ministre de la Milice ce qui lui est dû ; il a eu sa large part du sang de Louis Riel ; il n’est que juste qu’il bénéficie de ce qui lui appartient. Dès avant son départ d’Ottawa, la décision finale avait été arrêtée entre lui et ses collègues. Qu’il garde toute sa part de mérite, si l’on peut appeler ainsi ce qu’il a fait, ou qu’il ait sa pleine part de honte ! Qu’il ait sa part de responsabilité dans la comédie qui a été jouée par la suite devant le public. Car enfin, je le demande à tout homme sensé ; je le demande à tous ceux qui siègent sur les banquettes de l’opposition ; je le demande à tous les citoyens du pays : y eut-il jamais rien de plus honteux de la part d’un gouvernement que d’envoyer, dans le seul but de se moquer du public, une commission pour s’assurer de l’état mental d’un prisonnier, lorsqu’il était formellement décidé entre eux que l’exécution aurait lieu quand même ? Pourquoi donc cette enquête sur la sanité ou l’insanité du prisonnier, si le gouvernement avait dès lors décidé et statué qu’il serait exécuté ? Pourquoi ? Ce qui est arrivé depuis le fait voir ; c’était pour pouvoir dire au peuple du Canada : Nous avons consulté des hommes de l’art, ils ont fait leur rapport, et c’est sur leur rapport que nous avons agi ! » …

Laurier aborde ensuite la question de l’exécution de Scott, et il condamne cette exécution ; mais il trouve injuste qu’on la réveille constamment afin d’entretenir le fanatisme national. Il démontre que cet incident regrettable de l’insurrection de 1870 ne devrait pas être invoqué contre Riel, et il ajoute :

« Je regrette que le gouvernement, dans cette occasion, n’ait pas trouvé un exemple à suivre dans l’une des pages de l’histoire de nos voisins.

« Après la guerre civile, il y eut des gens qui, lorsqu’ils