Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
131
les patriotes

octobre 1837, et seconda l’une des résolutions qu’on y passa.

Un dimanche, à l’issue de la messe, il fit un discours, à la porte de l’église, pour inviter les gens de la paroisse à se réunir chez lui. Il dit qu’il fallait se tenir prêt à toute éventualité ; que les jeunes gens devaient se discipliner ; que pour lui, il était prêt à donner deux cents minots d’avoine pour acheter de la poudre et des balles.

Ils se réunirent en effet, firent l’exercice une couple de fois et fondirent quelques balles.

Nous avons raconté le rôle qu’il joua dans l’affaire du chemin de Chambly. C’est à lui et au capitaine Vincent qu’appartient ce premier succès des patriotes en 1837.

Lorsque l’excitation de la lutte se fût un peu calmée, les patriotes, réunis chez Vincent, se mirent à réfléchir sur la gravité de la position qu’ils venaient de prendre vis-à-vis du gouvernement, et décidèrent qu’ils devraient se séparer jusqu’à nouvel ordre.

Viger se rendit le même soir à Boucherville, et passa la nuit chez son père où il demeurait, et le lendemain, il partit pour le Nord dans le but de savoir ce qu’on y faisait. Ayant traversé à l’Assomption, il se rendit à l’hôtel du village et demanda une chambre où il pût tout voir et tout entendre sans être vu. Sa curiosité fut satisfaite, car le soir un grand nombre de personnes réunies à l’hôtel parlaient des événements du jour, et surtout de l’affaire du chemin de Chambly, et Viger entendit des gens qui disaient que déjà il y avait une récompense de cinq cents piastres offerte pour son arrestation. Un médecin de l’endroit, un bureaucrate forcené, s’écria qu’il donnerait cinq cents piastres de plus à celui qui arrêterait Viger.

Viger, s’apercevant qu’il n’était pas en sûreté, se hâta de décamper le lendemain, sans tambour ni