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les patriotes

LES FILS DE LA LIBERTÉ


C’était dans le mois de juin mil huit cent trente-sept. Des groupes de citoyens se formaient sur les places publiques, à Montréal, pour lire la fameuse proclamation, et partout éclataient des murmures d’indignation. « Il n’y a qu’un moyen de répondre à cette insultante proclamation, » cria du sein de la foule, M. Pierre Jodoin, c’est de convoquer immédiatement une assemblée. »

Les patriotes commencèrent dès lors à discuter la nécessité de s’organiser pour faire respecter leurs droits de citoyens et repousser la violence. Ce projet n’eut pas de suite immédiate, mais après la dissolution de la Chambre d’assemblée, au mois d’août, on résolut de le mettre à exécution. L’excitation des patriotes, les menaces des bureaucrates et le langage de leurs journaux faisaient croire que des conflits auraient lieu bientôt.

On crut que le meilleur moyen de réussir était de s’adresser à la jeunesse de Montréal, de la décider à former une puissante association et d’inviter les jeunes gens à en faire autant partout ailleurs. La jeunesse accueillit avec transport ce projet. Depuis longtemps déjà elle brûlait de manifester son zèle pour la cause nationale, de prendre une part plus active dans les événements de l’époque.

Le cinq septembre mil huit cent trente-sept, l’association des Fils de la liberté était solennellement proclamée dans une assemblée nombreuse tenue à l’hôtel Nelson, sur la place Jacques-Cartier. Ce fut une grande démonstration ; des discours véhéments furent prononcés par MM. Robert Nelson, André Ouimet et Édouard Rodier ; une musique militaire mit le comble à l’enthou-