Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/180

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
170g
les patriotes

coucha en arrivant. Pendant qu’une vieille femme le pansait, un boulet de canon défonça le toit de la maison et tomba à quelques pas du jeune et noble blessé. Tant que la bataille dura, M. Perrault ne put avoir les soins que réclamait sa blessure, mais vers trois heures, lorsque les troupes battues commencèrent à retraiter, Nelson accourut auprès de M. Perrault et constata avec douleur que la blessure était mortelle.

Laissons ici la parole au révérend M. Demers, curé de Saint-Denis, à qui M. Hector Fabre, neveu du défunt, avait écrit pour avoir des renseignements. Voici sa réponse :


Saint-Denis, 26 février 1856.
Monsieur,

Je regrette de n’être pas en état de vous donner tous les renseignements que vous me demandez sur M. Ovide Perrault, mort à Saint-Denis.

Le 23 novembre 1837, jour de la bataille de Saint-Denis, immédiatement après que les troupes eurent commencé à retraiter, vers 3¼ heures p.m., plusieurs patriotes accoururent au presbytère me demandant de venir assister les blessés. Dans la première maison où j’entrai pour visiter un de ces blessés, je rencontrai le docteur Nelson qui me dit de vouloir bien passer chez M. D’Eschambeau, où je trouverais M. Ovide Perrault, dont la blessure lui paraissait mortelle. Je crois qu’il ajouta que la blessure était dans l’abdomen. C’est la première nouvelle que j’eus de la présence de M. Perrault dans notre village. J’ai compris, par ce qui me fut rapporté, que c’est en traversant la rue, pas loin de la maison où je rencontrai le docteur Nelson, que M. Perrault fut atteint d’une balle. Cette maison est à ½ arpent de la maison seigneuriale. Je courus chez M. D’Eschambeau, j’y trouvai notre pauvre blessé, que j’avais connu, et avec qui je m’étais rencontré en deux ou trois circonstances en ville et à bord du bateau-à-vapeur. La famille D’Eschambeau avait abandonné la maison. Je ne vis dans la maison, outre le malade, qu’une vieille femme et deux hommes, dont l’un près du lit, était, je crois, le docteur Cartier. Pendant que j’administrais l’Extrême-Onction, je crois qu’une couple d’hommes entrèrent. Rien de plus silencieux et de plus sombre que cette maison. Tous les contrevents étaient fermés. Le malade