Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/213

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ODELLTOWN


Les patriotes, partis de Napierville le 9 au matin, arrivèrent à Lacolle, le soir, vers cinq heures. Leur marche ne fut troublée que par quelques coups de fusil qu’ils reçurent en passant sur le pont de Lacolle. Comme ils étaient fatigués, ils accueillirent avec plaisir l’ordre de se préparer à passer la nuit à Lacolle.

Un incident fâcheux leur causa beaucoup de malaise. Vers huit heures, leur général, le Dr Nelson, leur était ramené prisonnier, pieds et poings liés, par un détachement de patriotes qui prétendait l’avoir arrêté, lorsqu’il était en train de passer la frontière.

Les chefs du détachement avaient eu l’intention de le livrer immédiatement à l’ennemi, et il eut toutes les peines du monde à se faire ramener au camp ; sans les capitaines Nicolas et Trudeau, il n’y serait pas revenu.

La confiance des patriotes fut ébranlée, et, un moment, ces pauvres gens se croyant trahis, eurent l’idée de se débander, mais Nelson protesta avec tant d’énergie contre les intentions odieuses qu’on lui prêtait, qu’il les convainquit de son innocence. Il ne manque pas de gens qui croient encore que, pris de découragement et effrayé de la responsabilité qu’il assumait, il voulut réellement s’évader. En l’absence de preuves certaines, mieux vaut croire qu’il était allé en avant pour faire, comme il le prétendit, une reconnaissance. Nelson jura à ses soldats qu’il leur prouverait sa sincérité en les conduisant, le lendemain matin, à Odelltown, où l’ennemi les attendait.