Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/242

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les patriotes

l’offense dont il est accusé ; et quelle est la conclusion à tirer ici ? C’est que Cardinal et Duquet, qui étaient commis à la garde des autorités civiles, avant la proclamation de la loi en vertu de laquelle ils ont été condamnés à mort, seront, si la sentence est exécutée, élevés de la position de coupables présumés, à celle de martyrs d’une persécution odieuse. Je ne parle pas de la nature de la preuve faite contre eux. Je ne parle pas du fait qu’ils n’ont pas trempé leur main dans le sang ; que leur plus féroce ennemi n’a pu leur imputer un seul acte de violence. Je ne veux pas peindre la douleur de la femme mourante et des enfants abandonnés de l’un ni de la vieille mère de l’autre ; leurs larmes ont coulé en ma présence depuis trois jours ; je ne parle pas de leurs malheurs présents, ni de ceux qui les attendent. Je ne fais pas appel aux sentiments d’humanité qui jusqu’à présent ont distingué Votre Excellence. Je n’élève la voix que pour demander justice et pour que l’exécution de la sentence qui a été prononcée contre eux, soit suspendue jusqu’à ce qu’on puisse faire voir qu’ils ont été condamnés sans avoir subi de procès légal. Je parle librement, mais consciencieusement, et Votre Excellence recevra sans doute, avec indulgence, l’appel que m’inspirent des motifs qu’on ne peut désavouer.

« Très obéissant et humble serviteur,


« (Signé) Lewis T. Drummond.


« Montréal, 20 décembre 1838. »