Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/260

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les patriotes

ordre de se diriger vers l’échafaud. De Lorimier marchait en tête, suivi d’Hindelang, Nicolas, Narbonne et Daunais.

Une foule considérable se pressait autour des murs de la prison pour assister au lugubre spectacle. Il y avait dans cette foule des hommes qui pleuraient ; d’autres — les scélérats ! riaient ; leur vengeance était assouvie.

Rendu sur l’échafaud, Hindelang adressa à la multitude les paroles suivantes ;

« Sur cet échafaud élevé par des mains anglaises je déclare que je meurs avec la conviction d’avoir rempli mon devoir. La sentence qui m’a condamné est injuste, mais je pardonne volontiers à ceux qui l’ont rendue. La cause pour laquelle je meurs est noble et grande ; j’en suis fier et ne crains pas de mourir. Le sang versé pour elle sera racheté par le sang. Puissent les coupables en porter la responsabilité ! Canadiens, en vous disant adieu, je vous lègue la devise de la France : « Vive la liberté. »

Ces dernières paroles, prononcées d’une voix forte, agitèrent profondément la foule.

Un instant après, tout était fini.

L’infortuné jeune homme avait, par son testament, donné son corps à son ami le Dr Vallée, à la condition que son cœur serait envoyé à sa mère, mais les autorités s’opposèrent à la réalisation de ce vœu, et les restes mortels d’Hindelang furent livrés à LeBlanc de Marconnay, qui les fit inhumer dans le cimetière protestant du faubourg Québec, de Montréal.

Le vœu qu’Hindelang formait avant de mourir a été exaucé. Son nom est inscrit sur nos monuments, dans les pages les plus glorieuses de notre histoire, il est gravé dans la mémoire du peuple. Toujours on se souviendra de ce généreux enfant de la vieille France, mort si jeune pour la liberté de notre pays, toujours le