Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/306

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les patriotes

« Depuis les premiers jours de la conquête jusqu’au temps de lord Durham, toutes les espèces d’oppressions furent librement exercées. L’administration de la justice, les droits les plus chers à l’homme étaient violés avec impunité ; les personnes n’étaient pas même protégées ; et pis que cela, mille fois pis ; une loyale mais pitoyable minorité accaparait toutes les situations qui dépendaient de la couronne et méprisait journellement des hommes supérieurs à eux dans toute la force du terme. Et quel fut le remède proposé par lord Russell dans ses huit propositions qui furent dénoncées par lord Brougham, dans un langage qui aurait dû faire impression sur les députés de l’opposition ? Que disaient ces huit propositions ? De prendre au Bas-Canada par la force du sabre l’argent que la législature refusait de donner, pour l’appliquer aux besoins d’une autre province, et cela dans un temps où le ciel écrasait le Haut-Canada de ses malédictions.

« Je dirai à ces honorables et loyaux gentilshommes qui se sont si fortement offensés l’autre jour, quand on les appela « rebelles, » que je les appelle « rebelles, » moi aussi, et qu’ils ne doivent pas s’attendre à avoir d’excuse de ma part. »

M. Blake termina son discours au milieu d’une véritable tempête d’applaudissements, de bravos, de sifflets et de grognements. L’excitation gagna les galeries où une rixe violente éclata.

M. Holmes, ancien bureaucrate, volontaire même, de 1837, fit, en faveur du projet ministériel, un discours énergique qu’il termina par les paroles suivantes sur lesquelles nous appelons l’attention d’un certain nombre de Canadiens-français plus dignes de pitié que de colère.

« On a beaucoup parlé de loyauté, des devoirs envers le souverain, on a prétendu que nuls actes de tyrannie et d’oppression ne justifient les rebelles. On pourrait