Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/323

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les patriotes

n’a été fait. Ce qui fait voir que sir John Colborne n’avait pas une âme d’homme ni un cœur anglais en causant des pertes si affreuses pour rien. »

Plus loin il le traite de génie malfaisant et lui applique les vers suivants de Rousseau :


Des remparts abattus, des palais mis en cendre,
Sont de ta cruauté les plus doux ornements ?
Tigre à qui la pitié ne peut se faire entendre,
Tu n’aimes que le meurtre et les embrasements
La frayeur et la mort vont sans cesse à ta suite,
Monstre nourri de sang, cœur abreuvé de fiel.


Comment prétendre sérieusement que le même homme ait pu se rendre coupable d’une pareille contradiction ?

D’ailleurs, que le Journal et les Mémoires aient été écrits ou non tous deux par M. Paquin, peu importe ; ces deux ouvrages ne valent guère mieux l’un que l’autre et portent la même marque, le même cachet, le cachet de l’esprit de parti le plus injuste. L’éloge que l’auteur des Mémoires fait de la générosité, de la douceur du vieux brûlot Colborne, devait seul faire condamner à mort ce livre.

Il est un spectacle que nous trouvons plus beau que celui de M. Paquin, c’est celui du noble et courageux curé de Saint-Charles bénissant les patriotes agenouillés à ses pieds avant le combat. Nous voulons parler de M. Blanchet que son patriotisme n’a pas empêché de devenir un saint évêque, un missionnaire dont la religion et la patrie sont fières.

Entre le prêtre qui prêche la paix et l’écrivain qui