Page:David - Les Patriotes de 1837-1838, 1884.djvu/66

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les patriotes

jusqu’à leurs vêtements, ont été obligées de mendier quelque nourriture pour subsister et quelques couvertures pour se garder du froid.

« Sans doute, mon bon ami, vous allez me demander comment Sir John Colborne, un officier supérieur, le commandant des forces de Sa Majesté et le gardien de l’honneur du soldat anglais, ait pu ordonner ou permettre tant de carnage et d’atrocités. Il nous répondra sans doute lui-même, que tout cela s’est fait malgré les ordres exprès qu’il avait donnés de respecter les propriétés et qu’il ne peut être responsable des œuvres de quelques volontaires d’Argenteuil. C’est ce que vous ont dit les gazettes loyales, c’est ce qu’on crié les loyaux de Montréal, parmi lesquels plusieurs avaient une bonne part du butin ; car l’on sait où Arnoldi, fils, a fait sa provision de beurre, où un autre a pris une guitare qu’il a rapportée de l’expédition suspendue à son cou. Si le lieutenant-général avait donné des ordres exprès que les propriétés fussent respectées, comment donc a-t-il pu permettre qu’elles fussent pillées et brûlées sous ses yeux à Saint-Eustache, et principalement à Saint-Benoît où il n’y eut pas un coup de tiré ? Là, dans ma maison, où il prenait ses quartiers avec plusieurs autres officiers, les lits et autres meubles que madame Girouard avait laissés furent volés. Les soldats firent un tel usage des boissons que renfermait ma cave, que plusieurs restèrent profondément endormis et y furent consumés par les flammes, car on m’a rapporté qu’il avait été trouvé plusieurs crânes humains dans les cendres de ma maison.

« Comment se fait-il donc que l’église et le village de Saint-Benoît furent mis en feu pendant que Son Excellence y était, si bien qu’il eut de la peine, en sortant de ma maison (qui fut incendiée une des dernières) à