Page:De Banville - Odes Funambulesques.djvu/27

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
13
PRÉFACE.

plus haute tragédie moderne, encore à faire. Il se serait efforcé de rompre la glace qui sépare de la foule quelques-unes des célébrités contemporaines, et de montrer violemment dans une ombre déchirée par un rayon de lumière leur côté humain et familier. En un mot, il aurait tâché de faire avec la Poésie, cet art qui contient tous les arts et qui a les ressources de tous les arts, ce que se propose la Caricature quand elle est autre chose qu’un barbouillage. Hâtons-nous de dire qu’il n’a biographié personne. Il n’a pas même vu extérieurement et de très-loin le mur qui environne la vie privée. Ceci est utile à constater, à un moment où, si cela continue, nous finirons par être dégôutés même de Plutarque.

Ici la critique reprend la parole. ― « Vous vouliez peindre votre temps, à la bonne heure. Était-ce une raison pour marcher sur la tête et pour vous vêtir d’oripeaux désordonnés et bizarres ? Est-ce pour peindre quelque chose, s’il vous plaît, que vous affectez ces mètres extravagants, ces césures effrontées, ces rimes d’une sauvagerie enfantine ? » Peut-être bien. Un homme qui est très spirituel malgré sa réputation