Page:De Barrau - Aux instituteurs du canton de Dourgne.djvu/14

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
— 8 —

— de tous ceux qui remplissent dans l’état social des fonctions publiques, il n’est personne qui puisse autant pour le bien que l’instituteur, personne dont l’influence soit aussi profonde et aussi étendue.

Par quels moyens peut-il accomplir une si grande tâche ? Je vais essayer de vous le dire, Messieurs. C’est en déployant les qualités les plus simples, les plus modestes, le plus facilement oubliées par ceux même qui en profitent, qualités pourtant les plus dignes d’admiration ; c’est par une abnégation complète et un dévouement de tous les instants. Il faut que l’instituteur s’oublie lui-même ; il faut qu’il se donne aux enfants, il faut qu’il se donne aussi à ces élèves plus âgés, et plus avides de leçons parce que, n’étant plus enfants, ils en sentent mieux le prix, à ces élèves qui lui prennent les soirées, seules heures demeurées libres jusqu’ici ; heures de repos autrefois, heures de travail assidu aujourd’hui. Ces grands élèves du soir redeviennent enfants pour s’instruire ; dociles, ils écoutent le maître avec une attention et un respect inconnus des petits ; ils connaissent la valeur de ce qu’on leur enseigne ;