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rait le faire l’homme le plus expérimenté[1] ; mais je n’insiste pas, et je continue.

L’intérêt de tous à ce que la femme soit instruite est tout aussi évident ; plus d’intelligence dans la famille y introduit plus d’aisance ; une plus grande somme de connaissances chasse l’oisiveté et les dangereux préjugés. Nous savons tous que dans l’intérieur même le plus modeste c’est la femme qui préside à l’économie domestique, que c’est la femme qui fait la maison ; que sans fermière il n’y a point de bon fermier. — Quelle que soit la condition du ménage, deux têtes pour le conduire valent mieux qu’une seule, et la femme ne peut venir en aide à l’homme que si elle le comprend ; elle ne le comprend et ne peut lui donner un concours éclairé que si elle peut partager ses idées et s’intéresser à ses calculs. C’est elle qui conserve ce qu’il amasse et elle double sa prospérité si elle peut travailler avec lui. Sans cela, elle n’est qu’une charge et ne peut jamais être une compagne. L’intérêt de l’homme et l’intérêt de la famille veulent que la femme

  1. Plusieurs dames du voisinage assistaient à la séance.