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— Mowis, s’il faut que tu continues ton voyage, voici le jour. L’heure est propice, tu peux partir ! Mais si tu veux prolonger ton séjour ici, cette tente est la tienne, tout ce que j’ai est à toi !

— Noble vieillard, merci de ta bonté ! Mais je voudrais te demander ce qui t’est le plus cher !

— Parle…

— Je te prie de m’accorder la main de ta fille.

— Je te la donnerai si tu la mérites. Reste avec nous. Je réfléchirai.

Lorsque Sebowisha entendit la demande de Mowis, son cœur bondit de joie. Elle fixa ses yeux noirs sur l’étranger, puis les baissa timidement.


∗ ∗ ∗


Quelques temps après, Mowis et Sebowisha s’unirent suivant les rites de leur nation.

L’Indienne adorait son époux. Nulle part on n’eût trouvé un couple plus heureux.

Une nuit, Mowis se réveilla. Il prit son arc et ses flèches et, sans répondre aux questions de sa femme, il sortit de la tente. Elle le suivit comme elle devait.

Ils marchèrent longtemps dans le sud. Le soleil se leva et commença sa course. Mowis allait toujours. Bientôt le soleil devint si chaud que l’homme de neige se mit à fondre et disparut…

Épouvantée, Sebowisha se traîna à genoux et implora le ciel. Elle chercha partout son mari et s’égara dans la forêt. Le soir elle arriva près d’un grand lac.

Harassée, elle s’assit sur son bord et pleura longtemps.