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DANS LES DUNES


À Mariette.


Ce matin, j’ai fermé mes volets verts et je suis parti par les dunes…

Un gai soleil d’avril fait scintiller une mer d’émeraude. La brise pousse des nuages blancs qu’elle découpe artistement en un dais de dentelle traînant sur l’horizon. Une voile grise, comme une aile, vole dans l’infini.

Il vient des vergers de la Flandre des bouffées de senteurs.

De lointains clochers se réveillent et du milieu des bruits confus de la terre se détachent les notes claironnantes des coqs.

Le cri d’une sirène dure longtemps par l’air attiédi ; mais par-dessus tout, règne l’incessante rumeur des flots.

J’avance et mon pas s’imprime dans le sable qui crisse et qui semble vivre dans un éternel frisson. Au loin, le vent fait moutonner les grands chardons, croulant en lourdes grappes vertes.